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Israël: le mauvais gouvernement au mauvais moment?

Frédéric ENCEL

Le moins que l'on puisse dire est que l'accession de Benyamin Netanyahou au poste de premier ministre, quelques semaines après les législatives israéliennes du 10 février 2009, aura constitué une douche froide aussi bien pour les diplomates que pour la plupart des observateurs du Proche-Orient. La déception a été d'autant plus grande que, au soir du scrutin, même si les droites l'emportaient largement sur une gauche effondrée, la liste centriste de Tzipi Livni avait recueilli le plus grand nombre de suffrage exprimés. Cette dernière pouvait donc espérer se voir confier la mise sur pied d'une coalition. Las ! Comme lors de la consultation déterminante de mai 1996, quand Shimon Pérès avait finalement échoué à 29 000 voix près face à son jeune rival (mais à l'époque, le suspense avait duré plusieurs semaines et non quelques heures), on s'endormait avec un futur chef de gouvernement progressiste (ou considéré comme tel)… pour se réveiller avec Netanyahou ! Avènement fâcheux au moment précis où une nouvelle administration américaine venait de prendre ses fonctions, avec à sa tête un président différent et fermement déterminé à changer le donne au Moyen-Orient. Après la crise meurtrière de Gaza, en pleine paralysie du processus de paix d'Annapolis enclenché en novembre 2007 et dans la perspective rapprochée d'une nucléarisation militaire de l'Iran, le nouveau cabinet israélien n'était-il pas, décidément, le mauvais gouvernement au mauvais moment.

Publication type: 
Scientific Article
Date de parution: 
01/2009
Support: 
Politique internationale