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Le Brésil: une puissance africaine?

François LAFARGUE

Dés 1933, Gilberto Freyre avec la publication de son ouvrage, casa grande & senzala (traduit en français sous le titre de Maîtres et esclaves), rappelait que la culture africaine était une composante essentielle de la nation brésilienne, qui devait en être fière. Depuis l'accession au pouvoir de Lula da Silva, le Brésil se présente comme étant une nation de culture africaine, ayant une vocation naturelle à être présente sur l'ensemble du continent. Lors de son discours d'investiture, le 1er janvier 2003 à Brasilia, Lula da Silva affichait son ambition : " nous réaffirmerons les liens profonds qui nous unissent à tout le continent africain et notre disposition à contribuer activement pour qu'il développe son énorme potentiel ". L'engagement est tenu : en six années de présidence, le président Lula a déjà effectué sept voyages sur le continent noir. Le président brésilien évoque très souvent dans son discours le rôle des esclaves africains dans la fondation du Brésil. A l'occasion de sa visite au Mozambique en novembre 2003, le président Lula a souligné à Maputo " l'obligation politique, morale et historique du Brésil à l'égard du continent africain " et rappelé que le Brésil, après le Nigeria, était la nation qui comptait la plus forte population noire. Aujourd'hui, près de 90 millions de Brésiliens (noirs et surtout métis) revendiquent des origines africaines, soit la moitié de la population du pays.
L'idée de l'article est alors d'identifier les ambitions africaines du Brésil, au regard des relations économiques et politiques effectivement en œuvre.
Le Brésil est-il et peut-il devenir une puissance africaine ?

Publication type: 
Scientific Article
Date de parution: 
01/2009
Support: 
Afrique contemporaine No 228 (éditions De Boeck)